| publié le juillet 2006 |
Publié le : 02/07/2006 Source : MAP
RABAT (MAP) - Des organisations non gouvernementales d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et d’Europe ont appelé tous les Etats à "renoncer à l’idéologie sécuritaire et répressive qui oriente aujourd’hui les politiques migratoires à la criminalisation des migrations, ainsi qu’à toute loi raciste, xénophobe ou discriminatoire".
Réunies, vendredi et samedi à Rabat en +conférence non gouvernementale euro-africaine+, ces ONG ont également recommandé "la ratification de la convention internationale des droits des migrants et son intégration dans les lois nationales ainsi que la ratification des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) et leur mise en vigueur".
Elles ont invité les Etats à "renoncer à élaborer et à signer, en toutes circonstances, des accords de réadmission de personnes expulsées", comme elles ont réclamé "l’abolition de toutes les mesures faisant obstacle aux possibilités de regroupement familial ", la suppression des visas de court séjour et la dépénalisation du délit de séjour irrégulier.
Les participants à cette conférence, tenue sous le thème "Migrations, droits fondamentaux et liberté de circulation", ont préconisé "la refondation financière et juridique du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de manière à ce qu’il protège effectivement les demandeurs d’asile et réfugiés et non pas les intérêts des gouvernements qui le financent".
Au volet économique, les conférenciers représentant plus d’une vingtaine d’ONG, ont exigé "la suppression des accords qui hypothèquent l’avenir de l’agriculture africaine", "l’annulation inconditionnelle de la dette des pays pauvres du Sud, ainsi que le rapatriement de leurs avoirs placés dans des banques étrangères".
Ils ont par ailleurs décidé d’organiser des activités dans des pays africains et européens, à l’occasion de la tenue de la conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement, prévue à Rabat les 10 et 11 juillet courant.
http://www.avmaroc.com/actualite/ong-afrique-europe-a33711.html
LUIS DE VEGA. CORRESPONSAL
TEMARA (MARRUECOS). Un grupo de ONG europeas y africanas han dado la voz de alarma por la aproximación « estrictamente desde la perspectiva de la seguridad » que se va a hacer al fenómeno de la emigración clandestina en la cumbre del 10 y 11 de julio en Rabat. En lo que ha sido una cumbre paralela de distintas organizaciones de la sociedad civil de una veintena de países celebrada este fin de semana en Temara, junto a la capital marroquí, se ha puesto sobre la mesa la necesidad de « respetar los derechos fundamentales de los emigrantes, que no serán sacrificados en nombre de intereses económicos egoístas o opciones políticas a corto plazo ». Los organizadores han recordado el trágico precedente que sirvió de origen a esta cumbre, impulsada por los Gobiernos de Marruecos y España, en plena crisis de las vallas de Ceuta y Melilla, el pasado otoño. Temen que en las conclusiones de la reunión de gobernantes de Rabat se impongan las políticas « restrictivas » de Occidente frente a un punto de vista « desde el Sur » del problema. Por eso reclaman especial atención al respeto de los refugiados y los demandantes de asilo así como al respeto de aquellos que son internados en centros de reclusión por haber llegado de manera clandestina. Desconfianza Las ONG desconfían de las posibilidades de emigración legal de las que les hablan las autoridades europeas a los africanos. Ana Almirón, integrante de la Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía, explica cómo tuvieron que presionar hace unos días al consulado español en Nador (Marruecos) para que diera el visado a un ciudadano de Santo Tomé invitado al Foro Mundial de las Migraciones en Madrid y que había depositado toda la documentación requerida. Casos como estos se repiten con frecuencia haciendo a menudo más complicadas e incomprensibles las barreras legales que las de alambre de espino. Uno de los ponentes, senegalés, se sorprendía de que un francés con 300 euros y cuatro horas de avión está en Dakar. « ¿Y un senegalés que quiera hacer el viaje a la inversa ? ». La pregunta queda en el aire para la cumbre de los días 10 y 11 de julio en Rabat, donde la sociedad civil dejará su sitio a gobernantes de 60 países de Europa y África.
La Croix 4/7/2006
De notre correspondante Amandine PENNA , RABAT
Avant la Conférence euro-africaine qui se tiendra les 10 et 11 juillet, des représentants d’ONG et des migrants se sont réunis à Rabat pour demander un autre regard sur la place de l’Afrique
Trois immigrants sont décédés lundi 3 juillet, après avoir chuté d’un grillage de six mètres de haut, lors d’un assaut mené par plus de 50 clandestins qui voulaient passer dans l’enclave espagnole de Melilla au nord du Maroc. Deux sont morts du côté marocain, le troisième du côté espagnol.
Trois jours auparavant, à Rabat, plus de 150 représentants d’associations engagés auprès des migrants avaient demandé la reconnaissance du droit à émigrer. Ce contre-sommet, organisé par la société civile européenne et africaine, visait à réagir à une grande réunion gouvernementale sur l’immigration qui doit avoir lieu lundi et mardi prochain à Rabat, à l’initiative du Maroc, de l’Espagne et de la France. Son thème : « Migrations, droits fondamentaux et liberté de circulation ».
Participant du contre-sommet, Jo, un immense Ivoirien de 28 ans, prend des notes en écoutant les intervenants qui se succèdent à la tribune, retrouvant ses réflexes d’ancien étudiant en lettres à Abidjan. À le voir ainsi, on n’imagine pas un instant qu’il vit la peur au ventre. Arrivé au Maroc en juin 2004, il a vécu onze mois dans la forêt bordant l’enclave espagnole de Ceuta, échouant à y entrer. Vivant à présent à Rabat et détenteur de papiers de réfugié délivrés par le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, il craint toujours d’être arrêté et refoulé par des policiers qui ne respecteraient pas le droit à la protection des réfugiés ou des demandeurs d’asile. « C’est important pour moi d’être présent à cette réunion. Nous devons crier fort et d’une seule voix les maux de tous les migrants », confie Jo, qui fait partie du Collectif des réfugiés au Maroc, une association créée par des migrants subsahariens lors des vagues de répression d’octobre 2005.
Un contre sommet à valeur symbolique et pilote
Ces derniers mois, de telles associations se sont multipliées au Maroc. Dans la salle d’un hôtel de la région de Rabat où se tient le contre-sommet, ils sont nombreux, migrants sans-papiers en transit, à avoir osé participer. Rejoints par des représentants d’associations de leurs pays d’origine, ainsi que par des militants et chercheurs du Maghreb, d’Europe et même du Canada ou des États-Unis.
« La politique actuelle d’immigration conditionne l’aide publique au développement à la gestion et à la répression des flux migratoires. Nous voulons rappeler à nos dirigeants qu’ils ne doivent conditionner leurs décisions qu’au respect des droits fondamentaux », résume le Marocain Hicham Rachidi, du collectif Migreurop. « Ce contre-sommet avait une valeur symbolique et pilote. On veut dépasser la victimisation et rechercher des solutions alternatives à celles toutes faites que l’on veut nous imposer », explique Claire Rodier, du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), elle aussi membre de Migreurop.
Pendant deux jours, vendredi 30 juin et samedi 1er juillet dernier, interventions et débats se sont multipliés pour formuler des propositions. « Ce n’est pas le moment de pleurer sur les naufragés mais celui de réfléchir sur la place de l’Afrique dans le monde », s’exclame un militant venu du Sénégal, principal point de départ vers les îles Canaries. Il brandit un journal sénégalais annonçant en une : « L’Europe ferme nos frontières ». « La liberté de circulation est une revendication rationnelle, témoigne Fiston, jeune Congolais arrivé au Maroc en août 2005 et secrétaire général du Conseil des migrants. Lorsque nous partons, nous avons un projet bien ficelé dans nos têtes. Si nous pouvons le mener jusqu’au bout, nous serons ensuite acteur de développement pour notre pays. »
"Quand la Côte d’Ivoire allait bien, nos enfants ne partaient pas"
Comme le rappelle Solange Koné, d’une association de développement ivoirienne, il ne faut pas seulement lutter contre le tout sécuritaire aux portes de l’Europe mais travailler aussi dans les pays d’origine : « Quand la Côte d’Ivoire allait bien, nos enfants ne partaient pas. Il faut vraiment stabiliser notre pays et relancer son économie. » « Aux politiques de contrôle des flux migratoires qui poussent les États du Maghreb à jouer les gendarmes pour l’Europe, il faut exiger de vraies politiques de développement économique, social et démocratique », insiste Mehdi Lahlou, statisticien marocain spécialiste de la question migratoire.
Un jeune Africain se lève : « S’il vous plaît, non au bla-bla et à l’hypocrisie comme le font les politiques. » Il est vrai que les précédents colloques associatifs, certes de moindre ampleur, en sont restés aux intentions et ont souffert de divisions. Un manifeste commun en une quinzaine de points a finalement été rédigé et adopté à la quasi-unanimité. Il exige notamment la dépénalisation du délit de séjour irrégulier, la suppression du visa pour les séjours courts, la levée des obstacles au regroupement familial, le renoncement aux accords de réadmission des personnes expulsées, l’annulation inconditionnelle de la dette des pays du Sud... « Nous agaçons », assure Hélène Flautre, congressiste et parlementaire européenne. Une manifestation est prévue à Rabat lors de la conférence ministérielle.
http://www.la-croix.com/article/index.jsp ?docId=2273911&rubId=4077