Renforcement des contrôles aux frontières britanniques

Renforcement des contrôles aux frontières britanniques

La Grande-Bretagne compte renforcer d’ici huit ans la surveillance de ses frontières en rétablissant le contrôle des sorties du territoire, qui permettra d’évaluer le nombre d’étrangers présents dans le pays, a annoncé mardi le ministre de l’Intérieur John Reid.

« Nous allons étendre d’ici 2014 les contrôles à la sortie (...), identifier ceux qui restent plus longtemps (que la durée de leur visa) et compter tous ceux qui entrent et sortent, en évitant de retarder les voyageurs », a-t-il dit à la Chambre des Communes.

Tous les étrangers hors Union européenne devront fournir d’ici 2011 de nouvelles pièces d’identité « sécurisées » pour entrer en Grande-Bretagne, comportant sans doute des données biométriques, a-t-il ajouté.

Le ministre, qui avait annoncé quelques semaines après sa nomination début mai une « refonte de fond en comble » de la Direction de l’Immigration et de la Nationalité (IND), a promis d’accélérer l’examen des dossiers des demandeurs d’asile.

D’ici 2011, neuf demandeurs d’asile sur dix devront voir leur requête acceptée ou rejetée dans les six mois de leur arrivée, a annoncé le ministre. Des objectifs intermédiaires ont été fixés.

M. Reid a également annoncé des mesures contre les employeurs d’étrangers en situation irrégulière, qui pourront voir leurs actifs saisis ou se verront interdire d’exercer comme officier de compagnie dans l’armée.

Le directeur général de l’IND, Lin Homer, a invité les Britanniques à dénoncer par téléphone les employeurs de clandestins, « un moyen simple et efficace pour eux de nous faire connaître les choses sur lesquelles nous devons agir ».

« Tout ceci ne servira qu’à semer la peur sur les lieux de travail et à marginaliser plus encore les travailleurs immigrés », a commenté Jack Dromey, secrétaire général adjoint du Transport and General Workers Union (TGWU).

Pour David Frost, directeur général de la Chambre de Commerce britannique, les employeurs ne devraient pas se voir imposer des formalités supplémentaires et « payer la facture du fiasco ininterrompu du gouvernement sur l’immigration ».

John Reid a par ailleurs confirmé, comme le secrétaire d’État à l’Intérieur Liam Byrne l’avait annoncé mercredi dernier, que les lois de 1971 sur l’expulsion des prisonniers étrangers seraient modifiées pour rendre la double peine plus systématique.

Le précédent ministre de l’Intérieur Charles Clarke avait dû quitter ses fonctions en avril après avoir reconnu que 1023 prisonniers étrangers avaient été libérés à l’issue de leur peine, entre février 1999 et mars 2006, sans qu’aucune procédure d’expulsion ne soit intentée contre eux.

Un haut responsable de l’IND, Dave Roberts, avait ensuite reconnu devant une commission parlementaire qu’il n’avait « pas la moindre idée » du nombre d’étrangers en situation irrégulière présents en Grande-Bretagne.

Source : Cyber Presse