| 16 janvier 2008 |
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La Libye décide le rapatriement immédiat des "irréguliers"
Tripoli, Libye - La Libye a décidé, mardi soir, du rapatriement "immédiat", dans leurs pays d’origine, de tous les étrangers en situation irrégulière et pris une série de mesures draconiennes pour l’application de la législation relative à l’entrée et au séjour des étrangers sur son sol et aux règles d’embauche de la main-d’œuvre étrangère.
Selon un communiqué publié ce mercredi sur le site Internet du Comité populaire général (gouvernement) libyen, cette décision fait suite à un Conseil interministériel ayant regroupé les secrétaires des comités populaires (ministères) libyens de la Main-d’Oeuvre, de la Formation et de l’Emploi, M. Maatoug Mohamed Maatoug et des Finances, Mohamed Haweij et le secrétaire adjoint du comité populaire général de la Sûreté publique, Omran Hmeid, autour du secrétaire du Comité populaire général libyen Dr Baghdadi Mahmoudi.
Le communiqué indique que la réunion a passé en revue les rapports détaillés sur le nombre d’étrangers présents en Libye et ceux entrés illégalement dans le territoire libyen sans documents officiels.
La rencontre s’est également penchée sur les problèmes découlant de la présence de ces étrangers sur le sol libyen, aussi bien aux niveaux économique, social, sanitaire que sécuritaire. Elle a aussi examiné la situation de ceux entrés illégalement dans le pays d’où ils sont en attente d’embarquer pour les côtes européennes.
Selon des statistiques officielles, plus de 2 millions de personnes de différentes nationalités africaines résidant en Libye de manière irrégulière, attendent l’opportunité pour passer de l’autre côté de la Méditerranée.
Le communiqué issu du Conseil interministériel met en garde les citoyens libyens hébergeant ou cachant un étranger en situation irrégulière, les prévenant qu’ils encourent des poursuites judiciaires et des amendes.
Tripoli - 16/01/2008
16.01.08 | 16h21
TRIPOLI (Reuters) - La Libye a commencé à expulser tous ses immigrés clandestins, originaires pour la plupart de pays africains déshérités, avant qu’ils ne puissent tenter la périlleuse traversée vers l’"Eldorado" européen.
« Les autorités ont décidé de commencer à rassembler immédiatement tous les étrangers vivant illégalement en Libye et à les expulser sur le champ », a précisé le gouvernement dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle Jana.
Les autorités de Tripoli sont l’objet de pressions intérieures pour s’attaquer au problème des clandestins, accusés par les responsables et l’opinion publique de répandre l’insécurité ainsi que des maladies et d’occuper des emplois au détriment des jeunes chômeurs libyens.
La Libye est également sous pression de l’Italie, son voisin au-delà de la mer, et des autres États de l’Union européenne pour endiguer le flot des immigrés clandestins qui cherchent à se rendre en Europe, où le dossier de l’immigration est devenu très sensible avec, notamment, la crainte de voir des éléments d’Al Qaïda s’infiltrer dans leurs rangs.
"Il a été décidé de lancer immédiatement les opérations de rassemblement et d’expulsion de tous les immigrants illégaux sans exception", précise Tripoli, laissant ainsi entendre que cette mesure pourrait toucher des millions d’individus, y compris des Égyptiens et des ressortissants des autres pays du Maghreb arabe.
Les responsables et les médias libyens évaluent à deux millions au plus le nombre de clandestins, pour la plupart issus de pays de l’Afrique sub-saharienne.
Les autorités, est-il précisé, ont reçu l’ordre de détruire les logements et abris de fortune où se cachent la plupart des clandestins à la périphérie de Tripoli et des autres grandes villes du littoral méditerranéen.
Lamine Ghanmi, version française Jean-Loup Fiévet