| publié le 26 janvier 2008 |
Pour voir la video du FS Maroc : http://podcast.tanmia.ma/spip.php ?article151
Samedi 26 janvier
8h30-12h : Atelier sur les politiques migratoires
Présentation générale de l’atelier et de la problématique migratoire à l’heure du « bon voisinage » et des partenariats Lucile Daumas, Attac-Maroc
Axe 1 : Politiques migratoires européennes Etat des lieux de la situation des migrants en Europe (expulsions, enfermement des étrangers, discriminations et stigmatisations, durcissement des législation etc.). Les politiques migratoires européennes vers les pays du Sud (sous-traitance des contrôles, militarisation des frontières, frontex etc.) Intervenant : Migreuro Axe 2 : Situation dans les pays du Maghreb
1. Conséquences des politiques migratoires européennes sur les pays du Maghreb, l’exemple de la Mauritanie La situation des migrants, demandeurs d’asile et réfugiés dans les pays du Maghreb à travers l’exemple de la Mauritanie, les conséquences des pressions européennes sur les pays de transit et sur les migrants eux-mêmes Intervenant : Amadou Mbow, Association mauritanienne des droits de l’homme, Mauritanie
2. Immigration choisie, migration circulaire et accords bilatéraux sur la migration de travail : la précarisation de tous les travailleurs, l’exemple du Maroc Les mesures mises en oeuvre, notamment par les pays du Nord, pour sélectionner et trier les travailleurs migrants, quotas, contrats précaires de travail etc. Coopération des gouvernements du Sud, mesures envisagées par l’Union européenne et ses Etats membres. Intervenant : Mehdi Lahlou, Professeur à l’Institut national de statistique et d’économie appliquée, INSEA, Rabat, Maroc
Axe 3 : Soumission des dirigeants africains aux diktats de Bruxelles La " coopération " entre les Etats européens et africains sur les questions migratoires et en particulier vis à vis des questions économiques et de développement : APE, conditionnalités et clauses migratoires etc. Quelle stratégie des mouvements sociaux ? Intervenant : Victor Nzuzi, GRAPR/NAD (Groupe d’actions pour la promotion rurale), République démocratique du Congo
Modération : Saida Ben Garrach, Association tunisienne des femmes démocrates (ATDF), Tunisie Rapporteurs : Hicham Rachidi (Gadem, Maroc) et Anne Sophie Wender (Cimade/Migreurop, France)
Dimanche 27 janvier 2007
8h30-12h : Assemblée des migrants Cette Assemblée sera exclusivement participative, favorisera l’expression sur les luttes de toutes les associations, collectifs, mouvements de migrants et réfugiés au Nord et au Sud ainsi que la recherche de propositions concrètes de mobilisations. 15h : Réunion des membres du Manifeste euroafricain * Etat des lieux/bilan depuis l’organisation de la Conférence non-gouvernementale euroafricaine de juillet 2006 * Réflexion et décisions sur les orientations du réseaux et les mobilisations à venir * Fonctionnement du réseaux : constitution d’un comité de suivi euroafricain, amélioration de la diffusion d’information notamment interne etc.
Nous, Réfugiés, Demandeurs d’asile, migrants et les acteurs des organisations de soutient aux migrants venant de l’Europe, de l’Amérique et de l’Afrique ; avons tenu une Assemblée des migrants en marge du Forum social Marocain le 27 janvier 2008 à Bouzinika.
Après des échanges, des analyses et de partage d’expériences, Nous participants de cette Assemblée ;
Considérant l’incrimination, les violations massives de droits et libertés fondamentaux et les atteintes à la dignité humaine, dont sont victimes les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile, tant dans les pays d’accueil et dans les pays de transit,
Considérant les arrestations des migrants le 25 janvier 2008 à Rabat, alors que se déroule le Forum Social Marocain à Bouzinika ;
1. Dénonçons les pratiques d’arrestation, de rétention, d’enfermement, de refoulement et d’exploitation des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile.
2. Rejetons les politiques et accords entre les pays du Nord et du Sud sur les migrations.
3. Exigeons :
la liberté de circulation et d’établissement partout et pour tous.
Le respect et l’application des conventions et traités internationaux et régionaux sur les migrations.
La régularisation de tous les sans papiers.
4. Décidons :
La mise en place d’une plate - forme internationale des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.
L’appropriation par les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile des journées internationales ; notamment le 08 Mars, le 20 juin, le 10 décembre et le 18 décembre pour les grandes mobilisations sur les questions des migrations et des droits d’asile.
La mise en synergie des actions communes et concertées entre les acteurs du Nord et du Sud.
Fait à Bouzinika, le 27 janvier 2008. L’ASSEMBLEE DES MIGRANTS
Premiers signataires : ARCOM ( Association des réfugiés et demandeurs d’asile congolais au Maroc), ORIM ( Organisation des réfugiés ivoiriens au Maroc), ADESCAM, AME ( Association des maliens expulsés), CRM ( Collectif des réfugiés au Maroc), AIPDRDA ( Association interafricaine pour la promotion et la défense des droits des réfugiés et demandeurs d’asile) GRAPR/ NAD, ATMF (Association de Travailleurs Maghrébins en France), Conseil des Migrants subsahariens au Maroc, ATTAC Maroc, ABCDS/ Oujda, Association Terre d’Errance, AFVM/ Cameroun, las pateras de la vida/ Maroc, le Conseil de Réfugies de Hambourg/ Allemagne, Mehdi Lahlou responsable associatif, Association Mauritanienne de droit de l’homme,
Les participants ont rappelé leur condamnation au blocus sur Ghaza et saluent l’action du peuple palestinien qui ouvre des brèches dans les murs qui l’enferment.
Les participants ont rappelé la nécessité d’ouvrir d’autres brèches dans tous les murs qui se construisent entre le Nord et le Sud et -sous pressions des dirigeants du Nord- entre les peuples du Sud. La chasse aux migrants s’accentue a coup d’arrestations, de rafles, d’enfermement et d’expulsions d’un côté et d’imposition d’accords de réadmission et de militarisation des frontières de l’autre.
C’est une véritable guerre faite aux migrants dont les outils sont aussi bien militaires (Frontex, Radars, Infrarouge...) que politiques et économiques, tel l’imposition d’accords économiques déséquilibrés a des dirigeants en déficit chronique de légitimité, l’appauvrissement des peuples africains qui continuent a payer les intérêts d’une dette mille fois remboursée, l’immigration choisie avec son lot de contrats de précarisation des travailleuses et travailleurs migrants...Le soutien inconditionnel des responsables du Nord (notamment ceux de l’UE) aux dictatures en place dans certains pays du Sud, trouve sont fondement dans la soumission de ceux ci aux diktats imposés par bruxelles (exemple de la Libye entre autres). Les participants ont également rappelé que le droit à la liberté de circulation, ne s’exerce que dans un sens unique.
Lors de cet atelier des militants du Sud et du Nord ont partagé les expériences de leur lutte et ont proposé des alternatives, qui vont du refus de la signature des accords de réadmission, à l’arrêt du pillage de l’Afrique et l’annulation de la dette en passant par l’abordons des programmes d’ajustement structurels et le retrait des troupes occidentales qui protègent les dictateurs en Afrique. Ils ont également revendiqué la nécessaire identification des victimes de la guerre faite aux migrants et le rapatriement des cadavres des victimes dans leurs pays pour qu’il y soient enterrés dans la dignité.
Les participants ont proposé de croiser les luttes en créant des synergies avec les différents mouvements sociaux qui combattent l’hégémonisme économique et les politiques néo libérales, ainsi qu’avec les réseaux anti-guerre.
Des mobilisations fortes, contre l’enfermement, les accords de réadmission et pour le respect des droits des migrants demandeurs d’asile et réfugiés doivent être menées dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud. l’Afrique doit reprendre son destin en main et se ré approprier ses richesses.
Non à l’enfermement des étrangers
Non à la sous traitance de la gestion des flux migratoires
Non a la criminalisation des Migrants
Maroc : Le Forum social marocain dénonce les arrestations de migrants
Mohamed Sakhi
Levée de boucliers des participants contre les rafles du 25 janvier à Rabat Organisé sous le thème : "Marche des mouvements sociaux vers un Maghreb des peuples et pour un monde meilleur", le Forum social marocain a clos ses travaux le 27 janvier à Bouznika.
S’inscrivant dans le cadre de la mobilisation mondiale des mouvements sociaux, il a abordé plusieurs thèmes de dimension maghrébine, africaine et mondiale. Bien qu’ils aient été abordés selon une sensibilité locale et sur la base du vécu et des expériences locales, ces thèmes, indique la note de présentation de ces assises, découlent des exigences de lutte commune et de dialogue entre les mouvements sociaux du Maghreb, de l’Afrique et du monde entier.
Entre autres thèmes inscrits à l’ordre du jour, figure celui de la migration. Un communiqué rendu public à l’issue des travaux dénonce, dans ce sens, « les arrestations de migrants qui ont été opérées le 25 janvier 2008 à Rabat et rejette, par la même occasion, « les pratiques d’arrestation, de rétention, d’enfermement, de refoulement et d’exploitation des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile ». Rejetant les politiques et accords entre les pays du Nord et du Sud sur les migrations, ils ont également exigé « la liberté de circulation et d’établissement partout et pour tous », « le respect et l’application des conventions et traités internationaux et régionaux sur les migrations » et « la régularisation de tous les sans-papiers ». Après avoir décidé de « la mise en place d’une plateforme internationale des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile », les participants au Forum de Bouznika ont ainsi décidé de faire des le 8 mars, 20 juin, 10 décembre et 18 décembre des journées « pour les grandes mobilisations sur les questions des migrations et des droits d’asile » et de mettre « en synergie des actions communes et concertées entre les acteurs du Nord et du Sud ».
La rencontre de Bouznika qui a été marquée par la participation des représentants de plus de 700 organisations non gouvernementales et associations actives dans le domaine de la défense des droits humains à travers le monde, a été également suivie par un large débat sur la question féminine dans l’objectif de sensibiliser les associations oeuvrant dans le domaine sur l’importance de leur adhésion à la lutte contre la mondialisation. Le premier atelier de ce forum s’est,à cet égard, articulé autour de thèmes aussi divers que ceux des "répercussions de la mondialisation sur la situation des femmes", de "la lutte des mouvements féminins", de "la femme et les droits culturels : la question de l’amazighité", de "la violence contre les femmes", de la question de "la femmes et la pauvreté", de "la femme et la question de l’emploi", des « femmes et services publics", de "la femme et les conflits armés" et de "la lutte des femmes et les défis de l’avenir : quelle stratégie ?".
Visant à renforcer la mise en place ou le renforcement des réseaux autour de thématiques spécifiques dans la complémentarité des actions pour un monde meilleur, le forum a ainsi visé à développer une programmation d’actions concrètes entre les participants.