Mali-France-Manifestation

La police disperse des manifestants opposés à un accord franco-malien sur les migrations

APA-Bamako (Mali) Plusieurs dizaines de manifestants ont été violemment pris à partie par les forces de l’ordre alors qu’ils se préparaient à observer un « sit-in » de protestation contre l’ouverture, mardi à Bamako, de négociations en vue de la signature d’un accord de gestion concertée des flux migratoires entre le Mali et la France.

Les forces de l’ordre ont usé de leurs matraques semant la panique au sein des manifestants qui ont vu leurs banderoles déchirées et plusieurs de leurs pancartes endommagés, a constaté APA.

L’Association des Maliens expulsés » (AME) et son collectif de soutien sont sont à l’origine de la manifestation, a appris APA sur place

L’AME a organisé ce « sit-in » devant les locaux de l’Assemblée nationale en vue d’attirer l’attention des députés sur un éventuel accord franco-malien qui pourrait rendre plus difficiles les conditions de séjour des Maliens en France, a précisé le président de l’AME, M. Ousmane Diarra.

S’indignant de l’interdiction de la manifestation, M. Diarra a indiqué qu’il en avait préalablement informé les autorités compétentes, principalement le maire de la commune qui abrite l’Assemblée nationale.

« On ne nous a même pas donné le temps de nous retrouver. La police a quadrillé les lieux deux heures avant et a commencé à s’en prendre à nos premiers militants qui sont arrivés pour monter le piquet », s’est, pour sa part, plaint un des organisateurs.

Les négociations franco-maliennes sur un accord de gestion concertée des flux migratoires, débutées mardi à Bamako, sont co-présidées par le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, M. Badra Aliou Macalou et le secrétaire général au ministère français de l’Immigration, M. Patrick Stefanini.

Elles se déroulent dans le cadre du Comité mixte annuel franco-malien dont la 8ème session, tenue en mars dernier à Paris, s’était soldée par un échec pour cause de désaccord sur la réadmission des « sans papiers ». Autorités françaises et maliennes s’étaient alors séparées en se donnant rendez-vous à Bamako pour un second round de négociations.

Paris voudrait surtout voir la représentation diplomatique du Mali accepter de délivrer des « laissez-passer », qui faciliteraient l’expulsion de tout « sans papier », reconnu d’origine malienne ou ayant transité par le Mali.

Les Maliens pourraient, en retour, bénéficier d’un plus libre accès au marché du travail en France, assure-t-on de source diplomatique française à Bamako.

YS/AT/od/APA
17-06-2008