Des parlementaires s’invitent dans les zones de rétention

« QUAND on arrête les gens aux terminaux, et si on les refoule, quel est leur droit réel à chercher asile ? » Alima Boumediene-Thiery, sénatrice (Verts), a parcouru lundi quelques-uns des postes de police des aérogares de l’aéroport de Roissy. Elle a aussi découvert la zone d’attente, dite Zapi 3, où sont maintenus les étrangers non admis sur le territoire. Ce jour-là, ils étaient 137 pour 164 places. Parmi eux, 12 mineurs, dont 4 voyageant seuls. Y a-t-il souvent des enfants ? « Oui, mais on ne les met pas en cellule. Quand ils ont moins de 13 ans, ils ne vont pas en Zapi non plus. ll y a une nurse... La question sera réglée avant la fin de l’année avec l’ouverture d’un local spécial géré par la Croix-Rouge », a expliqué la police de l’air et des frontières.

« Faire entrer la transparence »

Roissy-CDG lundi, le centre de rétention du dépôt de Paris jeudi. « Un sous-sol où l’on peut passer trente-deux jours ! » a constaté la députée (PS) George Pau-Langevin. Cette semaine encore, à Lille, Metz et Orly, mais aussi en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique et en Mauritanie, d’autres parlementaires se sont invités dans des centres de rétention.
Lancée par le réseau Migreurop, qui fédère 35 associations d’Europe et du Maghreb, cette campagne de visite des lieux d’enfermement pour étrangers vise à « faire entrer la transparence et obliger les Etats de l’Union européenne à des règles d’accès », souligne l’une de ses porte-parole, Claire Rodier. « Alors qu’une récente directive européenne permet d’allonger jusqu’à dix-huit mois la durée de rétention des étrangers, la revendication d’un droit de regard est essentielle », insiste Alima Boumediene-Thiery. En Italie et en Espagne les parlementaires ont été refoulés à l’entrée. Des rassemblements sur ce thème sont organisés ce samedi dans différentes villes, et notamment à Paris, cet après-midi, à Châtelet.

LE PARISIEN (http://www.leparisien.fr/)

7 février 2009