revue de presse

Le Soir, 19 octobre 2004, Le projet européen sucite déjà une polémique - Des camps pour les immigrés clandestins au Maghreb en français

Courrier international, 19 octobre 2004, Les camps pour immigrés clandestins vus par la presse algérienne en français



Le Soir (Algérie) - 19 octobre 2004

Le projet européen suscite deja une polémique
Des camps pour les immigrés clandestins au Maghreb

De notre bureau de Paris, K. Baba-Ahmed

L’appellation « portails d’immigration » ou encore « Centre d’assistance », concepts qui passeraient mieux que « camps », terme que l’histoire a retenu comme une des plus abominables des créations, n’a pas empêché de nombreuses ONG et associations européennes de s’insurger contre le projet de créer en Afrique du Nord de véritables camps où seraient parqués, filtrés et parfois renvoyés tous les étrangers qu’ils soient demandeurs d’asile ou simplement voulant fuir des conflits, des violations des droits de l’homme ou encore, plus banalement, la misère.

D’importants crédits auraient été envisagés pour la mise en place de ces centres de transit qui ont fait l’objet de la réunion dimanche à Florence (Italie) des ministres de l’Intérieur du G5 (Italie, France, Allemagne, Grande- Bretagne et Espagne). L’accord ne s’est cependant pas fait entre les cinq membres sur ce projet, défendu essentiellement par les ministres allemand et italien, et les critiques sont nombreuses d’un projet sur lequel la France et l’Espagne avancent avec beaucoup de prudence, le ministre espagnol ayant très récemment déclaré « nous ne soutiendrons aucune initiative qui ne respecte pas des conditions sociales et humanitaires minimales ». Beaucoup en effet redoutent que ces centres ne constituent une violation des droits de l’homme ce à quoi rétorque le ministre allemand de l’Intérieur « l’Union européenne ne pouvait empêcher des immigrants de tenter d’entrer clandestinement en Europe en traversant la Méditerranée, mais nous devons tenter de les dissuader » et de rajouter : « Pourquoi nous reprocher de créer une installation en dehors des frontières de l’Europe qui pourrait vérifier si ces personnes sont fondées à demander l’asile ou ont d’autres raisons de fuir ». Un appel, signé par de très nombreuses ONG, associations ou élus de tous les pays d’Europe (LDH, FIDH, SOS Racisme, Ligue belge des droits de l’homme, APDH Espagne ; Attac Italie ; Azad Italie ; PC France ; CIMADE France ; Liberty GB et bien d’autres) demande à s’opposer le plus fermement à ce projet. Selon les signataires, une telle décision, si elle venait à se concrétiser « serait le prolongement d’une logique cynique, qui, loin de prendre en compte les causes de ces migrations pour y apporter des réponses, ne cherche depuis dix ans qu’à protéger l’Europe des victimes des désordres mondiaux, au risque de voir ressurgir comme dans les années 30 ou pendant la guerre de Bosnie, des camps de réfugiés, de sinistre mémoire ». L’appel exhorte en outre les représentants des gouvernements à s’opposer à ce projet et appelle l’Union européenne, plutôt que de se « défausser de ses responsabilités » à faciliter l’accès de son sol aux personnes en besoin de protection.


Courrier international - 19 octobre 2004

Union Européenne
Les camps pour immigrés clandestins vus par la presse algérienne

"L’idée allemande, appuyée par l’Italie, de créer au Maghreb des guichets européens de l’immigration afin de filtrer les candidats à l’entrée en Europe a déclenché l’opposition de la France et de l’Espagne", rapporte Le Jeune Indépendant, d’Alger.

Les ministres de l’Intérieur du G5 (Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, France) se sont en effet réunis à Florence, dimanche 17 octobre, pour discuter de la proposition allemande de créer des "portails d’immigration" ou encore des "centres d’assistance". "Des concepts qui passeraient mieux que celui de ’camp’, terme que l’Histoire a retenu comme une des plus abominables créations", souligne Le Soir d’Algérie. Mais le journal redoute, à l’instar de nombreuses associations humanitaires, que ces centres, où seraient parqués et filtrés tous les candidats à l’immigration, ne constituent une violation des droits de l’homme. "Un appel a d’ailleurs été signé par de très nombreuses ONG et élus de tous les pays d’Europe, qui s’opposent vigoureusement à ce projet", rapporte le quotidien.

Quant à la France et l’Espagne, elles défendent la création de points de contact dans les pays d’origine des clandestins, où pourraient être examinées et traitées les demandes d’asile. Elles redoutent les effets pervers des lieux de rassemblement. "Celui par exemple de regrouper des minorités hostiles à l’Europe que d’aucuns pourraient exploiter à d’autres desseins", explique La Nouvelle République, quotidien d’Alger.